Les membres de la Promotion des vins des Côtes de l’Orbe se sont retrouvés récemment à Baulmes pour leur assemblée annuelle. Les dix points traditionnels de l’ordre du jour ont été passés en revue et acceptés à l’unanimité mais les récentes nouvelles enregistrées par la Fédération Vigneronne Vaudoise et l’Office des Vins Vaudois ont alimenté la conversation et réjoui mais plutôt inquiété les participants.



Les comptes 2025, élaborés et présentés par Bernard Gauthey, présente un léger bénéfice alors que le budget 2026 tient largement compte des charges générées par les événements auxquels participera l’Association, à savoir l’étape du Tour de Romandie à Orbe le 1er mai, les caves ouvertes des 23 et 24 mai, la réception du nouveau Président du Grand Conseil Patrick Simonin (membre de l’Association) à Rances le 1er septembre ainsi que le 16e semi-marathon des Côtes de l’Orbe (12 septembre), la balade gourmande à Arnex le 20 septembre de même que la fêtes des Sonnailles à Romainmôtier du 9 au 11 octobre. Le Salon des vins sera à nouveau organisé à Daillens les 13 et 14 novembre, de plus, la date retenue pour les Vins en Fête 2026 sera le 12 décembre.

Face à la dégradation accélérée du marché viticole local, la CIVV a dénoncé dans un communiqué l’inertie des autorités cantonales et fédérales. Elle exprime son inquiétude croissante face au décalage persistant entre les promesses des décideurs politiques et la réalité des mesures concrètes et elle précise clairement que les paroles doivent maintenant céder la place aux actes. Les inquiétudes formulées en 2025 (réduction d’achats émises par plusieurs acteurs significatifs) confirment une crise structurelle majeure. On sait déjà qu’une part importante de la production 2026 ne pourra pas être prise en charge. Les conséquences de cette situation prévisible pourraient être amoindries si les autorités honoraient leurs engagements.
L’administration fédérale doit prendre des mesures pour encadrer sérieusement les importations de vins. La viticulture suisse ne peut rivaliser avec les productions étrangères dans un marché sans mesure de protection. L’augmentation des moyens fédéraux de 10 millions de francs doit être mise en œuvre rapidement par un soutien rétroactif à la reconversion du vignoble permettant aux viticulteurs de s’adapter aux nouvelles réalités du marché.
Le Canton de Vaud a communiqué un plan d’actions en novembre dernier. Il est prioritaire et doit être mis en œuvre rapidement. Il faut débloquer les moyens supplémentaires pour la promotion des vins vaudois dès maintenant et mettre en œuvre les mesures de soutien à la reconversion volontaire du vignoble en coordination avec les actions fédérales.

L’annonce début février de la maison Schenk installée à Rolle informant 250 producteurs vaudois et genevois qu’elle n’achèterait pas ou en partie seulement la vendange 2026 a déjà fait couler beaucoup d’encre dans les milieux concernés. « A part arracher, je ne vois pas ce que je peux faire » affirme une vigneronne vaudoise dont la moitié de la production (Chasselas et Gamay) partait en vrac chez Schenk pour être mis en bouteille en vin de pays. Chez Schenk, on évoque une décision nécessaire, la crise est structurelle et la filière souffre. Les ventes sont sous pression comme jamais et l’offre doit être adaptée à la demande. Aujourd’hui, l’arrachage n’est plus un tabou, la profession l’accepte à condition qu’on lui laisse la possibilité de replanter quand le marché aura repris …
Depuis de nombreuses années, Olivier Chautems, l’actuel président de la Promotion des Côtes de l’Orbe, n’a cessé d’alerter et d’interpeler plusieurs instances économiques et politiques sur la situation douloureuse de la viticulture vaudoise. Il évoque notamment dans ses écrits la concurrence déloyale subie par les vignerons suisses face aux importations de vins étrangers et s’étonne de la différence des contributions cantonales et fédérales dont l’agriculture tire les plus gros profits en comparaison avec la viticulture.
Cette viticulture dont l’enherbement (365 jours par année) représente une verdure pour les insectes qui peuvent proliférer et se reproduire librement dans cet espace de détente, poumon d’oxygène indispensable pour notre santé.

Rédaction: Par Jacques Ravussin, photographies par CCBYCC.CH